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 [VIOLENCE]Le spectacle ne fait que commencer... [Utopie]

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Co-Fonda Psychy & Yokaï rejetée
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- La pierre d'âme d'Utopie.
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Posté le Mar 23 Fév - 1:06.

Dernière édition par Éleïssen le Dim 6 Mar - 23:13, édité 1 fois
Ce rp est déconseillé aux âmes sensibles, présence de violence.



Une musique lancinante, elle tournait en boucle sans aucune interruption. Tout était coloré et éclairé autour d’elle, les couleurs chatoyantes s’entrelaçaient et se croisaient dans des tourbillons incessants. Une odeur sucrée flottait dans l’air, écœurante, elle ne partait jamais en ces lieux et ne pouvait être ignorée.
Il y avait tant de monde, les gens venaient, approchaient, riaient, se moquaient, lui lançaient toute sorte d’objets puis partaient. Ils portaient tous ces immondes ailes blanches, blanches comme leurs âmes. Pourries jusqu’à la moelle. Du moins c’était ce qu’elle pensait, elle ne prenait plus la peine d’observer les teintes des âmes. Ni même de tenter de s’enfuir, c’était peine perdue. De trop nombreuses chaînes l’entravaient, et la magie imprégnée en elles l’empêchaient d’utiliser son propre sort de dématérialisation.

Un caillou vint mourir sur sa tempe, envoyé par un enfant qui cherchait à attirer l’attention du monstre. De ce qu’elle avait compris, Éleïssen se retrouvait chez les anges. Elle avait vu peu d’humains et de démons et avait compris qu’un être de son apparence devait être assez rare pour en faire une attraction de renom.  Elle ferma les yeux, épuisée, comment avait-elle fait pour se retrouver là ?

oOo

Il y avait eu cette forêt étrange, et tous ces êtres qui partageaient cette même origine étrange. Puis Nil’Sen apparut, disparut, et laissa place à une immense être mi cerf et mi femme. Il les attaqua, elle encaissa le coup et cette créature apparut.
De longues cornes de jais, des oreilles semblables à celles de loups mais plus longues, une longue queue touffue, des pattes de jais et écaillées, des serres affreuses… Quelque chose en elle lui cria que c’était un Shin’rin, elle ne savait d’où cela venait, mais elle en avait la certitude. Une créature aussi mythique que les dragons. Son cœur battait encore lorsqu’elle se souvint de ces paroles
« Il est encore trop tôt pour vous, jeunes Enfants »
Pourquoi les avoir appelé enfants ? Et pourquoi partageait-elle physiquement tant de ressemblance avec cette créature ? Était-ce là toute l’ironie de la vie ?

Éleïssen n’avait rien pu faire face au shin’rin qu’elle se retrouva dans un endroit inconnu, seule, ses blessures à nouveau mystérieusement soignées. Hagarde, toujours son arme en main elle se leva. Elle regarda autour d’elle, perdue, presque paniquée. Elle appela Morghhur, ferma les yeux, et ne vit rien. Ses jambes tremblèrent, Elle vacilla, s’effondra sur ses genoux. Seule. Comme au début. Sa vue était brouillée par les larmes. Il y avait eu trop de choses, trop d’émotions, trop de craintes. Elle n’en pouvait plus, elle éclata en sanglot. Elle fixa le ciel et hurla. Toute sa haine pour cette fichue vie maudite, sa douleur et sa tristesse.
Jamais elle n’aurait dû crier… Un cirque traversait la forêt au travers d’un passage non loin. Interpelé ils accoururent et ne purent observer meilleur spécimen.
Seule, épuisée, déroutée contre trois hommes en bonne santé, le combat fut rapide. Elle parvint à crever l’œil de l’un d’eux, à mordre jusqu’à l’os un deuxième et arracha le doigt du troisième. En échange ? La yokaï fut frappée violement, tabassée dans le ventre, et blessée au bras par une faucille. Séparée de son arme elle fut transportée puis enchaînée par des chaînes robustes et magiques.

Elle tenta de s’en séparer, au début elle se débattait, refusait toute approcher, elle hurlait. Puis les forces lui manquèrent et elle dû accepter. Les jours passèrent, elle était sous-alimentée et présentée comme bête de foire à un peuple qu’elle ne connaissait pas : les anges. Ils se jouaient d’elle, et la jeune fille rentrait dans leur jeu. Elle grognait, hurlait, tentait de mordre.

Ils essayèrent même de la montrer en spectacle, ils la sortirent de sa cage, la trainaient par ses chaînes. Elle vît rouge et elle attaqua l’homme qui tentait de la trainer. Elle avait sauté sur lui, et avait plongé ses crocs dans sa gorge. Maculé de sang, ne se contrôlant plus la yokaï lacéra le visage de l’homme qui étouffait dans son propre sang.  Les autres hommes du voyage se jetèrent sur elle, elle se débattit, et elle perdit. À nouveau mutilée de multiples blessures, elle hurla de douleur quand on lui sectionna la corne avec un coup de hache bien placé. Sonnée elle se laissa être jetée dans sa cage.

oOo

Combien de jours avaient passé depuis cet incident ? Elle ne les comptait plus. Elle ne savait même plus pourquoi elle tentait encore de vivre. Partagée entre la haine et le désir de fuir. Éleïssen les haïssait tous, et voulait leur mort. Pourtant elle était lasse de voir le sang couler. Que faire ?

Sa corne droite brisée lui faisait encore mal, la blessure cicatrisait mal dans ses conditions de vie. Elle était dans une cage étroite où elle tenait à peine debout dedans, surélevée, la case était aussi une carriole qui pouvait être tirée de-ci de-là, savait-on jamais si le monstre n’était pas assez vue…
Le sol couvert de paille était à peu près tout ce qui pouvait lui tenir chaud, étant donné qu’il avait été jugé qu’un monstre comme elle n’avait besoin d’être vêtu que d’une simple robe blanche légère. Robe blanche couverte de sang, du sien et de ceux qu’elle avait pu blesser ou tuer. Elle restait la plupart du temps allongée, enfouit dans la paille, tentant vainement d’ignorer la foule qui s’amoncelait autour d’elle. De temps en temps on la piquait avec une broche afin qu’elle se relève. Sans plus de réaction elle s’asseyait dans ces moments là et regardait dans le vide. Elle ne voulait plus jouer à leurs jeux. Non les monstres c’était eux, pas elle.

Seul lui tenait compagnie dans sa cage une gamelle d’eau qui était trop peu souvent changée à son goût. Ces repas étaient essentiellement constitués de pain, et parfois on lui lançait un bout de viande cru afin de la transformer en un simple spectacle aux yeux des autres. Même si  Éleïssen Appréciait peu le fait de fasciner tant de monde juste parce qu’elle mangeait de la viande cru, la yokaï ne crachait pas dessus, la viande était quelque chose de bien trop précieux pour être gâché.

Un nouveau caillou atterrit sur sa cuisse. Elle s’enfouit un peu plus dans sa paille. Laissez-moi tranquille. La jeune fille avait l’impression d’avoir toujours vécu dans cette cage. Tout le reste lui semblait si lointain presque irréel. Et si tout n’avait été qu’un rêve ? Devenait-elle folle ? Surement. La forêt lui manquait cruellement. La verdure, le silence, le calme, être loin de toute civilisation, toute forme humaine. Un pique s’enfonça dans sa côte. Elle se redressa, fixa de son regard éteint le mur en bois en face d’elle. Le cliquetis des chaînes vrilla ses tympans, elles semblaient si lourde maintenant. Y avait-il un intérêt à vivre ainsi ? À vrai dire aucun… Oui aucun… Elle sourit, première vrai réaction de sa part depuis des jours. Et si elle se laisser mourir, aurait-elle enfin gagné ?





Spoiler:
 


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Posté le Sam 27 Fév - 21:49.
Brisé, les os en miette et la tête ravagée. L’impact eu sur lui un effet dévastateur, purement douloureux. Utopie fut, quelques secondes, quelques heures, qu’importe, une sorte de peluche molle, incapable de bouger et de parler, sans os ni muscles, un être d’organes uniquement vivant grâce à sa pierre. Et durant cet instant, aussi long ou court soit-il, il comprit alors pour la première fois de sa vie qu’il n’était rien. Que le grain de sable de son existence n’était qu’infimité dans le désert du temps, et que continuer d’être aussi stupide le conduirait à sa perte. Quand il se réveilla, guérit de ses séquelles dans un endroit qui lui était inconnu, il avait déjà oublié cette fabuleuse idée.

Vint alors la survie, sa survie. Il erra sans but jours durant, à travers forets et plaines, fatigué, affamé, incapable même de se nourrir d’autres choses que de baies et de carcasses. Un être normal serait mort, mais pas Utopie. Sans le savoir, son corps subsistait grâce à son étrange pierre, cailloux translucide, blanc pastel, elle lui donnait la force d’avancer, de subsister. Au fur et à mesure de son voyage sans but, son corps changea. Privé des molécules essentielles à son bon fonctionnement, il se ternit, grisant, mincit. On apercevait maintenant très facilement les veines sur ses muscles, ces mêmes muscles qui roulaient sous sa peau, et ses articulations cliquetantes. C’était comme si toutes les parties de son corps s’étaient collées pour survivre, et que chacun de ses atomes, mus par la volonté de vivre, par son artefact, avançaient d’un seul être. Son esprit, dernièrement, lui avait fait faubon. Il ne pensait plus, il agissait par pur instinct. Utopie était devenu un être entre la vie et la mort qui existait malgré tout.

Enfin, après environ deux semaines de voyage, il rencontra une ville. Les rues se désertaient soudainement avant son passage et, les quelques mots que son esprit fatigué perçut furent des cris de peur. Par chance, aucun garde n’était proche, et il réussit à s’approcher du marché communal sans risques. Les vendeurs avaient pour la plupart déjà quitté leurs enseignes et les seuls qui restaient le dévisageaient. Mais Utopie n’en avait que faire. Il glissa sa main dans sa poche et en sortit une poignée d’oris qu’il jeta sur le sol, il acheta ainsi une couverture, une cape et un sac, et autant de viande et de fruits qu’il lui était permis de transporter. Cet achat fait, il déambula en dehors de la ville, vers un recoin isolé et boisé, caché de tous. Il s’installa contre le tapis de feuilles et de mousses que lui offrait l’endroit et mangea toutes ses provisions, avant de s’endormir. Son sommeil dura toute une journée et toute une nuit, et quand il se réveilla, à l’aurore, il reprit enfin conscience de son corps. Le jeune démon ne savait pas où il était, comment il y était arrivé, les derniers souvenirs lotis dans son esprit remontait à son escapade dans la foret, à l’impact de son poing contre le monstre. Son corps, bien plus faible, ne lui répondait plus comme avant, il avait du mal à se lever et à marcher, et cette nouvelle faiblesse le blessa au plus profond de son âme.

Ce ne fut qu’après quelques jours qu’Utopie sut enfin se mouvoir pleinement, sans restriction aucune. Certes, sa force, qui lui plaisait tant, était encore absente, mais il put facilement ainsi acheter des vivres et s’informer du monde. Il était dans un endroit inconnu, et, lui avait on dit, une célèbre troupe de spectacle passait dans le coin.

C’est ainsi que tout recommença, qu’Utopie retomba dans la haine.  Le spectacle de la troupe avait réveillé en lui un autre instinct, plein d’injustice, plein de colère. Ce qu’il voyait autour de lui, tous ces êtres en cage, battus, obligés de jouer un rôle qui ne leur allait pas, obligés de redevenir sauvage pour mieux calmer la bestialité d’autres êtres ; tout ça lui donnait une rage violente. Il serra des poings.

L’exposition s’organisait ainsi : un crieur, qui semblait être aussi le gérant de la troupe, annonçait chacun des êtres présents ici, les caractéristiques et les choses amusantes à voir. Il donnait, sans qu’elle le sache, à la troupe une direction et une attraction. Utopie suivit le mouvement. Il examina la condition de chaque enfermé, s’enragea pour chacun. Mais un d’eux retint son attention. La fille qui quelques semaines auparavant détenait sa pierre se trouvait là, entre les lourds barreaux de fer rouillés, à éviter le regarde de la foule, blessée et meurtrie en son corps et en son âme. Les séquelles physique ne manquaient pas, et bien qu’Utopie ne l’eut vu que peu de temps, il sut directement que ce qu’elle avait pu vivre au sein de cette troupe était affreux et indigne de toute chose sur cette terre. Il resta proche de la cage après que le crieur eut annoncé la prochaine attraction, se faisant passer pour quelqu’un d’intéressé qui examinait, pour un acheteur potentiel. Cependant, il s’approcha des barreaux, il plaqua son visage contre ceux-ci, tout proche de celle qu’il avait connu et sourit sous la capuche de sa cape, le visage dans l’ombre.

- On n’est pas très beau, toi et moi. Enfin, tu as quand même bien plus souffert sur ce coup là. Ils t’ont fait mal, à ce que je vois. C’est bête. Mourir à petit feu, comme ça, devant tout le monde. Tu m’entends au moins ? Bien sûr que tu m’entends. Tu m’entends parce que je suis ton seul espoir et que malgré toi, en ce moment même, tu m’hurles intérieurement un au secours grotesque. Étrangement, j’adore savoir que je détiens ta vie entre mes mains. Mais vais-je risquer la mienne ? C’est compliqué, comme situation. Tu crois que je peux le faire ? Ils sont nombreux. Vingt, trente, plus, peut-être, surement. Tu crois que ça va m’arrêter ? Non. Je vais les tuer, un par un. Je vais danser entre leurs lames et leur coup, je vais leur écraser les organes et éclater leurs têtes entre mais mains. Puis, quand j’en aurai fini ici tu me supplieras enfin de vive voix. Tu me regarderas avec de petits yeux larmoyants.


Il rit.

- Comme si j’allais me contenter de ça.

Le démon attrape une pierre, et monta sur l’estrade, au côté du crieur.

- C’est bien mon gars, si tu touches une bête d’ici avec ta pierre, j’offre à boire à tout le monde !

Utopie acquiesça.

- Mesdames, messieurs, sous vos yeux ébahis, cet homme va toucher votre bête préférée et vous offrir à boi…

La pierre pénétra le crâne de l’ange avant qu’il ait pu finir sa phrase. Elle y était maintenant logée, et il ne tarda pas à tomber par terre, entre l’inconscience et la mort. Deux groupes se formèrent alors, les lâches et les autres. La suite du combat fut un habile mélange de chance et de rage. Utopie sauta sur l’une des quatre personnes restantes et lui asséna un coup de poing si fort qu’il lui brisa la nuque. La seconde personne fut empalée par la troisième lorsqu’elles foncèrent en même temps sur le démon, qui bloqua l’empaleuse sous le cadavre de l’empalée. La quatrième arriva cependant à taillader le démon à de nombreuses reprises, couvrant son corps de sang. Mais elle ne résista pas longtemps aux coups d’Utopie. Il était enfin redevenu fort.

Le démon attrapa la jambe du crieur, le rapprocha de la cage. Il attrapa les barreaux et les brisa d’un coup, et fit de même pour les chaines qui retenait la femme. Il rattrapa enfin le crieur par le coup alors qu’il tentait de s’échapper, rampant au sol, et le souleva à hauteur de l’ancienne prisonnière.

- Tu en fais quoi maintenant ? Vas-tu le tuer ? Abréger ses souffrances ? Tu peux bien faire ça pour lui après tout ce qu’il a fait pour toi… Je le tiens, regarde, il est à ta portée. Quelques centimètres et tu pourras le lacérer, le mordre, devenir une vraie bête pour quelques instants… Tu verras, c’est jouissif, on y prend vite gout !

Il resta silencieux quelques instants.

- Tue-le. Il l’aurait fait à ta place. Tue le et redevient libre.



[HRP 1 : la somme dépensée s’élève à environ 100 oris. Je vous laisse le soin de décider du montant à m'enlever.]
[HRP 2 : J'avoue que le combat fait Grosbill, mais si on considère la force d'Utopie et sa rage au combat, ses chances durant ce combat était similaire à ce que j'ai écris. Et soyons réaliste, peu de personnes sont restées combattre car peu de personnes sont assez courageuse pour ne pas fuir dans ce genre de situation. Le courage est rare.]


La raison du plus fort est toujours la meilleure, sans force aucun rêve ne se réalise.



C'est pourquoi je dois être le plus fort, pour détruire leur raison avec mes rêves.

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Posté le Dim 6 Mar - 23:12.
Assise. Perdue. Elle se souciait peu de ce qu’il l’entourait, de la masse grouillante d’âmes qui s’entassaient en ce lieu, se nourrissant sans fin du malheur des êtres emprisonnés. Ô qu’ils devaient aimer oublier leur propre douleur, s’extasiant devant ces bizarreries de la nature, les humiliants, ne les considérant que comme de vulgaires jouets, de simples catharsis.

Une odeur, un vague fumet se détacha des autres. Cela lui rappela de lointains souvenirs. Tout lui semblait si éloigné, flou et irréel, elle peinait à croire qu’il existait vraiment quelqu’un avec qui elle avait pu faire suffisamment connaissance pour que son odeur lui soit connu. Éleïssen se tourna et observa au travers des barreaux une silhouette. Caché sous une cape, il était là, il la toisait de son regard satisfait.

« On n’est pas très beau, toi et moi. Enfin, tu as quand même bien plus souffert sur ce coup là. Ils t’ont fait mal, à ce que je vois. C’est bête. Mourir à petit feu, comme ça, devant tout le monde. Tu m’entends au moins ? Bien sûr que tu m’entends. Tu m’entends parce que je suis ton seul espoir et que malgré toi, en ce moment même, tu m’hurles intérieurement un au secours grotesque. Étrangement, j’adore savoir que je détiens ta vie entre mes mains. Mais vais-je risquer la mienne ? C’est compliqué, comme situation. Tu crois que je peux le faire ? Ils sont nombreux. Vingt, trente, plus, peut-être, surement. Tu crois que ça va m’arrêter ? Non. Je vais les tuer, un par un. Je vais danser entre leurs lames et leur coup, je vais leur écraser les organes et éclater leurs têtes entre mais mains. Puis, quand j’en aurai fini ici tu me supplieras enfin de vive voix. Tu me regarderas avec de petits yeux larmoyants. »

Utopie. Oui. C’était son nom. Le visage dévasté, ses vêtements ne cachaient pas son apparence décharnée. Elle écarquilla les yeux, de vagues souvenirs lui remontèrent en tête. Un frisson la parcourut. Pourquoi lui ? Était-il réellement le seul ? Non c’était impossible…

La yokaï sentit son cœur battre la chamade, elle se sentait à nouveau en vie, quel était ce sentiment ? La peur ? Le dégoût ? La colère ? Et peut-être un soupçon d’espoir…

« Comme si j’allais me contenter de ça. »

Elle sursauta, se redressa tant bien que mal dans sa petite cellule et se mit à genoux, ne sachant comment réagir. Elle l’observa rire, prendre une pierre, puis monter sur l’estrade.
Qu’allait-il faire ? Elle ne comprenait plus rien. Était-il au moins réel ? Où n’était-ce que le fruit de son imagination, d’un démon qui vivait en elle, tentant vainement de la corrompre. La corrompre à quoi ? Qu’est-ce qui était mal ? Qu’est-ce qui était bien ? Où était la réalité ?

La pierre fracassa le crâne du crieur. L’odeur du sang lui parvint presque aussi rapidement que les cris des spectateurs à ses oreilles. Celui qui menait ce satané cirque. Enfin. Mort. Elle en était presque déçut. Elle aurait tellement voulut le déchiqueter, lui faire subir suffisamment de souffrance pour qu’il la supplie d’en finir. NON ! Il ne fallait pas ! Ce n’était pas bien. Bien… Bien… Que cela signifiait-il ? Était-ce bien ce qu’ils leurs avaient fait à elle eux ?

Le démon entama une longue valse mortelle. Usant de sa force spectaculaire, la yokaï ne parvenait à détourner le regard de ce massacre, pétrifiée. L’horreur et le dégoût l’emplissait à mesure que les os se brisaient, les chaires se déchiraient. La foule était en panique, elle fuyait, peu restait pour essayer de défier l’enfant. Son cœur battait, elle refusait de l’accepter, mais un sentiment nouveau s’emparait d’elle, elle prenait presque du plaisir à voir ces monstres être punis. NON ! De vagues images venaient à elle, du sang, des morts, des personnes qu’elle avait tuées dans un village. Cela lui semblait si lointain, si irréel. Elle tremblait, terrifiée par ces sentiments qui montaient en elle.

Le silence retomba, les lieux étaient vide, le sang tâchait la scène et un mouvement attira son regard. Le crieur était encore en vie au final, il rampait, terrorisé il voulait fuir. La tête lui tournait, elle ne voulait pas qu’il vive, non pas cet être, il fallait qu’il le pait. Non il ne fallait pas. Si. Éleïssen écarquillait les yeux, elle restait prostrée, sa tête lui faisait mal, elle se sentait si vivante soudainement, mais elle avait peur. Si peur d’elle-même…

Utopie attrapa le crieur, ce dernier hurla, il se débattait désespérément, il l’amena devant sa cage, et en un instant il brisa les barreaux rouillés de sa cage. La jeune fille s’enfonça dans sa cage, hébétée. Il brisa les chaînes qui la maintenaient, maintenant seules restaient accrochés à son coup, à ses poignets et à ses chevilles des anneaux métalliques et ensorcelés. Elle lâcha le démon du regard et observa ses poignets et ses chevilles. Libre. Elle était enfin libre. Depuis combien de temps était-elle là ? Elle frémit, elle voulait courir, se réfugier dans la forêt paisible, oublier. Non, elle voulait tuer. Leur faire subir la souffrance qu’elle avait vécu. Leur offrir le monstre qu’ils avaient toujours voulu voir en elle. Qu’ils avaient créé.

« Tu en fais quoi maintenant ? Vas-tu le tuer ? Abréger ses souffrances ? Tu peux bien faire ça pour lui après tout ce qu’il a fait pour toi… Je le tiens, regarde, il est à ta portée. Quelques centimètres et tu pourras le lacérer, le mordre, devenir une vraie bête pour quelques instants… Tu verras, c’est jouissif, on y prend vite gout ! »

Il était là, de son regard victorieux il la toisait. Il brandissait devant elle le crieur ensanglanté, il tremblait, il la fixait. Elle ne le lâchait pas du regard, sans bouger. Elle hésitait. Il était si misérable. Petit créature futile, qui regrettait sans doute maintenant de l’avoir emprisonnée.

« Tue-le. Il l’aurait fait à ta place. Tue le et redevient libre. »

Elle ne bougeait toujours pas. Elle était tiraillée, par ses principes, par ses désirs. Une voix en elle lui disait que ce n’était pas bien. Lui disait qu’il ne fallait pas non.

«Monstres… MONSTRES ! »

Le crieur se débattait encore et venait d’hurler. De sa voix elle se rappela de lui, de ses hommes qui au premier regard l’avaient capturée, elle, être blessé et perdu. Ils l’avaient enchaînée, blessée, abaissée à un simple objet de décoration, une simple chose qui devait leur rapporter de l’argent. Ils l’avaient affamée, assoiffée, elle avait froid, elle avait mal. Et surtout. Ils l’avaient brisée. Oui : Brisée.

Ses oreilles firent un rapidement mouvement vers les côtés, elle cligna des yeux. Lentement tout d’abord elle se mise sur ses genoux et avança dans sa cage, vers l’ange. Elle tendit l’une de ses mains ignobles vers le crieur. Le regard de la yokaï était comme vide, écarquillé, elle le fixait. Le crieur avait compris. Il savait qu’elle avait été son choix, et il paniqua de plus belle.

Éleïssen ne lança pas un seul regard au démon, elle empoigna l’homme, le jeta devant ses genoux. Elle se pencha sur lui, le fixa dans les yeux. Il avait si peur. Quel était ce sentiment qui montait en elle ?

« Veux-tu vraiment voir un monstre ? »

Sa voix était éraillée, mais elle venait de parler de manière assez clair pour que l’ange puisse la comprendre. Il gesticula, il tenta d’échapper à son emprise, elle s’assit sur son ventre, l’empêchant tout mouvement. Elle se pencha vers lui, un sourire commença à naître sur son visage, la démence s’emparait d’elle, oui voilà ce qu’elle ressentait, une folie naissante, créée par l’emprisonnement et la maltraitance.

« Veux-tu voir ce que tu as créé ? »

L’homme paniqua, et elle, elle souriait. Regard écarquilla elle observa ses griffes de sa main droite. Elles devraient faire l’affaire, elles n’étaient pas trop émoussées. Alors elle commença son travail. Elle se rappelait de chaque regard mauvais que lui avait lancé l’homme, chaque insulte, chaque coup, chaque pique, chaque égratignure, chaque blessure. Et pour tous ces souvenirs, elle le taillada, encore et encore. Pas assez pour qu’il meurt d’hémorragie, mais suffisamment pour qu’il souffre, toujours un peu plus. Il hurlait, il se débattait, il avait si peur, elle le sentait, ça lui plaisait.

« En es-tu fier ? »

Exaltée par la souffrance qu’elle causait à l’homme elle continuait, il s’affaiblissait, alors elle frappait plus fort. Elle lui creva même les yeux, lui transperça le palais, lui brisa le nez. Puis au bout d’un moment il arrêta de se débattre, il ne bougeait plus, ne respirait plus. C’était finit. Il était partit. Un grand vide l’emplissait. Son jouet était cassé. Éleïssen restait là, à fixer son visage déformé. Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi était-ce déjà finit ?

Soudainement elle revint à elle-même, elle se rendit compte du carnage, elle se rendit compte qu’elle y avait pris plaisir. Le dégoût l’emplissait au point qu’elle en vomit. Elle pleurait, elle était devenu un monstre, elle ne voulait pas. Mais elle le voulait. Elle se sentait déchirée. Elle devenait folle, elle avait besoin d’aide, mais elle avait toujours été seule, toujours. Un visage vague se marqua dans ses souvenirs, un homme loup… Non il ne pouvait pas existait, ce n’était qu’une illusion, elle s’était elle-même imaginée le grand frère dont elle aurait toujours eut besoin. Il n’y avait personne, non mise à part ce démon à l’âme mauvaise, il n’y avait que lui qui l’avait sauvée. Et si… Et au final, c’était lui qu’elle devait suivre ? C’était lui le seul en qui elle pouvait avoir confiance ?



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Posté le Sam 12 Mar - 16:57.
Elle l’avait finalement tué. Lentement, remplaçant ses sens par de la douleur, irradiante, le privant du spectacle de sa propre mort et de la saveur ferreuse du sang dans sa bouche. Il n’y eut pas de coup marquant sa fin, il s’éteignit comme une bougie sur laquelle on souffle doucement. Et c’était peut-être mieux ainsi. Elle vomissait maintenant, elle pleurait, immobile, devant le cadavre inerte, sans rien faire d’autre, et le jeune démon ne comprenait pas. Elle avait pourtant fait le premier pas, elle s’était d’elle-même délivrée de sa faiblesse, elle avait tué, s’était libérée, alors, pourquoi est-ce qu’il ressentait autant de regret en elle ? Il ne voulait pas foncièrement faire d’elle une mauvaise personne, ni une bonne personne, et, sur le coup, en lui ordonnant de tuer le crieur, il ne pensait qu’à sa survie, pas aux conséquences de son acte ni aux choses si vagues qu’on appelait le bien ou le mal. Elle ne bougeait pas, lui non plus, il la toisait, la jugeait, et se demanda, pour la première fois de sa vie, si il avait fait le bon choix. Car elle était faible, fragile, manipulable. Et s’il l’avait manipulé, sans même s’en rendre compte, s’il avait fait d’elle la même personne que lui ? Était-ce regrettable ?

- On a pas le temps de parler ou de se vomir dessus, là. Si des gardes arrivent, on meurt tous les deux. Et j’ai pas envie de mourir avant d’avoir cassé les dents d’autres enflures comme ceux qui t’ont enfermé ici. Je ne te demande pas de rester avec moi, mais saches juste que tu ne survivras pas une semaine sans moi. T’es trop faible. Trop… apprivoisée ? C’est peut-être le mot. Je ne suis pas une bonne personne. Je tue, sans arrêt, je massacre dès que quelque chose ne va pas. Je ne te demande pas de devenir comme moi, mais au moins de comprendre que tuer et la solution la moins douloureuse dans la majorité des cas. Enfin bref, je m’en vais. En forêt, il suffit de suivre la direction que je prendrai, si tu veux me suivre. J’imagine que tu as encore des choses à régler ici, tes affaires à retrouver…

Il commença à partir, fit quelques mètres et se retourna subitement avant de s’en aller vers son petit campement de fortune.

- N’oublie pas. Ce monde te tuera.

Faire d’elle quelqu’un comme lui ne pouvait pas la faire plonger encore plus profondément dans le gouffre dans lequel elle était déjà.


La raison du plus fort est toujours la meilleure, sans force aucun rêve ne se réalise.



C'est pourquoi je dois être le plus fort, pour détruire leur raison avec mes rêves.

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-Cape chaude gagnée dans la quête brise casserole.

- Des touffes de poil de manticore

- Un bocal (1L) remplit de Salpêtre (gagné lors de la quête le siège).

- La pierre d'âme d'Utopie.
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Chasse (Pister, pièges, traque..).
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Posté le Dim 20 Mar - 17:38.
« On a pas le temps de parler ou de se vomir dessus, là. Si des gardes arrivent, on meurt tous les deux. Et j’ai pas envie de mourir avant d’avoir cassé les dents d’autres enflures comme ceux qui t’ont enfermé ici. Je ne te demande pas de rester avec moi, mais saches juste que tu ne survivras pas une semaine sans moi. T’es trop faible. Trop… apprivoisée ? C’est peut-être le mot. Je ne suis pas une bonne personne. Je tue, sans arrêt, je massacre dès que quelque chose ne va pas. Je ne te demande pas de devenir comme moi, mais au moins de comprendre que tuer et la solution la moins douloureuse dans la majorité des cas. Enfin bref, je m’en vais. En forêt, il suffit de suivre la direction que je prendrai, si tu veux me suivre. J’imagine que tu as encore des choses à régler ici, tes affaires à retrouver… »

Éleïssen refit surface, elle revenait peu à peu à elle-même, sortant du gouffre dans lequel elle venait de plonger. Elle observa le démon, elle y trouva une lueur indescriptible. De la pitié ? Du remord ? Et s’il était dégouté de ce qu’elle avait fait ? Pourtant il ne la fuyait pas mais l’aidait.
Elle se sentait vraiment perdue…

«N’oublie pas. Ce monde te tuera. »

La yokaï hocha lentement la tête et le cliquetis des chaines encore attachées à elle lui rappelèrent leur présence. Le crieur devait avoir les clés sur lui, mais elle n’osait regarder le crime qu’elle avait commis quelques minutes plus tôt. Pourtant il le fallait bien, actuellement, elle était privée du peu de magie qu’elle possédait en elle, et elle se rendait bien compte à quel point elle était faible sans elle. En prenant soin de ne jeter aucun regard sur le visage déformé du crieur, la yokaï fouilla le cadavre avec dégout, retenant un haut le cœur. Pourquoi avait-elle fait ça ? Il le méritait non ? Par pitié, faites qu’il le méritait…

Elle finit par trouver la clef accrochée à sa ceinture, elle observa l’étrange objet et se souvint d’en avoir utilisé une fois dans un village. Un village ? De vagues souvenirs remontaient en elle, mais également un pincement au cœur, de la souffrance. Non, tout cela n’était qu’un rêve. D’un geste peu assuré elle se libéra et tremblante elle se leva. Elle devait faire vite, son instinct pressentait l’agitation qu’il y allait bientôt avoir en ces lieux. Un vent frais caressa sa peau, elle frissonna : elle devait trouver des affaires chaudes.

Parcourant rapidement le parc, Éleïssen trouva une tente abandonnée et s’y engouffra, malheureusement elle n’y trouva rien. Des bruits survenaient au loin, le renfort dont parlait Utopie arrivait. Elle tremblait, elle était faible, mais elle trouvait encore un peu de force dans son instinct de survie pour se dépêcher et profita des multiples cachettes que proposait le méandre de tentes inoccupées du cirque. Elle finit par atterrir dans une tente où une odeur familière l’attira : la sienne. Jeté dans un coin figurait ce qui semblaient à d’anciens vêtements qu’elle reconnaissait vaguement, son arme, sa cape bien chaude et son petit sac de voyage qui avait encore tout ce qu’il contenait d’avant. D’avant ? Quel avant ? Elle secoua la tête n’ayant le temps d’y penser. Les gens du cirque ne s’étaient sans doute pas encore décidés entre vendre ses affaires ou les exposer comme étant les affaires d’un monstre. Fort heureusement pour elle car elle était soulagée de ne pas partir sans rien.

Des bruits de pas et des cris parvenaient à elle de plus en plus fort, elle finit de remettre en place ses vêtements sur elle, jeta sur le sol la robe blanche miteuse et pleine de sang qui lui servait avant d’habit et partit discrètement. Elle savait d’instinct où se trouvait la forêt, mais elle mit du temps à y parvenir. Des gardes la recherchait, elle et le démon, et elle n’avait pas intérêt à faire une erreur. Il ne lui restait plus que quelques mètres avant de gagner sa forêt bien aimé. Il y avait déjà pas mal de distance entre elle et le cirque, mais l’agitation était devenue telle que pas très loin d’elle des personnes cherchaient ce monstre sans nom.
Éleïssen recouvrit son corps de sa cape, seules restaient ses cornes qu’elle ne pouvait cacher. Alors elle pencha la tête, se courba et courut vers la forêt. Elle ne s’y arrêta que lorsqu’elle se sentit enfin en sécurité.
Essoufflée, épuisée, elle s’appuya contre un arbre et respira à plein nez les douces senteurs du lieu. La terre humide, l’humus, les résineux, la sève des arbres, les habitants de ces lieux… Son cœur se réchauffait et pendant un bref instant elle oublia tout, se sentant enfin à sa place. Seule et loin des autres, à l’abri des regards.

Puis parmi toutes les odeurs elle discerna celle du démon, il ne devait pas se trouver loin. Elle revint à la réalité et se souvint de ses paroles
« Ce monde te tuera… »
Pourquoi devait-elle vivre dans un monde voué à la faire disparaitre ? Ce n’était pas juste… Qu’avait-elle fait de mal ? Beaucoup trop de choses…

Devait-elle disparaitre au fond de la forêt ? Ne jamais en ressortir ? Être oubliée, n’être qu’un mauvais rêve aux yeux de tous, et n’être plus qu’un mauvais rêve pour elle-même.
La yokaï s’adossa contre l’arbre, serra ses jambes contre son corps, observa le ciel gris. Elle voulait oublier, s’oublier elle-même. Elle regrettait ses crimes mais savait qu’elle pouvait recommencer à tout moment. Elle y avait goûté, elle y avait pris plaisir. Éleïssen frissonna de peur.
Une vision lointaine lui parvint, elle se souvint d’un homme loup, une sorte de guide ou de grand frère pour elle, mais il n’était pas là… L’avait-il délaissé ? Tout était vague et flou, elle ne pouvait nier que cela avait dû se passer aux vues de ses affaires. Mais pourquoi n’y avait-il plus personnes ? Elle se recroquevilla un peu plus.
Si. Il y avait lui. Cet être exécrable à qui elle devait la vie. Il ne pouvait pas être si méchant que ça non ? Non, il l’avait sauvé. Mais il l’avait poussé à commettre un acte impardonnable. NON ! Tout était entièrement de sa faute…

L’orage grondait au loin, il faisait de plus en plus sombre, l’odeur de la pluie emplissait ses narines, bientôt de fines gouttes froides allait s’abattre sur elle. Normalement elle devrait se lever, cherche du bois sec, se faire un abri, être prête pour passer une nuit sans être trempée. Mais là elle n’en avait ni la force ni l’envie. Elle se traîna dans le creux d’un tronc juste à côté d’elle abattue et perdue. Une voix en elle lui disait qu’elle ne devrait pas rester seule, que la solitude finirait de la rendre folle, la mènerait à sa perte. Mais elle était trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, ses yeux se fermaient tout seul. Et pendant que la pluie commençait à s’abattre sur ce monde elle aperçut la silhouette du démon passer devant elle. Éleïssen sombra à ce moment-là dans les abysses du sommeil. Pour une longue nuit qu’elle espérait sans rêve, ni cauchemar, pour une longue nuit dont elle aimerait ne jamais s’en réveiller.



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Posté le Lun 21 Mar - 21:18.
Le démon était blottit dans son abri, il attendait, un peu, longtemps, il se calmait et reposait ses membres fatigués par l’effort du combat, par les plaies douloureusement sanglantes. Son sang coagulait difficilement dans l’humidité ambiante, empêchant ses blessures de se refermer correctement et le tapis de lierres et de brindilles si accueillant auparavant lui semblait être un piège sale et mou. Il devait partir. Cette forêt serait ratissée, ravagée, à cause de lui. Il devait aussi retrouver la Yokaï, l’aider à porter le fardeau d’une existence dans ce monde, ou au moins, l’aider à survivre. C’est déterminé et gargarisé d’idées nouvelles qu’Utopie fit son sac, ramassa sa couverture, se prépara du mieux qu’il le put en emportant le reste de ses maigres provisions. Mais il n’était pas un chasseur, il n’avait aucune notion de traque, et chercher la Yokaï dans ce labyrinthe végétal se révéla impossible.

Toute la passion d’un nouvel objectif s’envola. Les fils de l’ennui se tissèrent dans ceux de la souffrance. Utopie souffrait. De son incompétence, de son inutilité, de sa stupidité, de sa faiblesse morale, de sa manie à toujours agir sans réfléchir et, de toujours rater ce qu’il entreprenait.

Il erra sans but, magistralement, habituellement. Et il l’entendit. Elle était blottit là, au creux d’un arbre mort depuis trop longtemps, elle plongeait de plus en plus dans le sommeil au fur et à mesure de ses pas vers elle. Elle s’écroula dans un monde de cauchemars et de rêves quand il la surplomba. Il ne fallait pas qu’elle s’arrête, pas ici, elle allait se faire égorger pendant son somme, sans autre vision de la vie. Il réfléchit. Il pouvait la réveiller, une de ses lames sous la gorge, menaçant, pour lui faire comprendre la leçon. Il pouvait la trainer face contre terre, loin, très loin, l’empêchant même de bouger, lui briser tous les os, la soulever au-dessus d’un précipice et rire. Mais il pouvait aussi ne rien faire de tout cela et la soulever sur ses épaules, marcher, s’enfuir, plus loin qu’aucun n’être n’est allé, ou juste assez loin pour se faire oublier. Là, il la protégerait et l’aiderait à devenir forte, plus forte. Non sans s’amuser lui aussi. Il la porta donc sur son dos, contre son sac.

La marche fut longue. Ils quittèrent la foret rapidement, traversèrent quelques plaines, longèrent de nombreuses villes effervescentes. Utopie s’épuisa. Chacun de ses muscles reprenait un état sec et figé, et ses pas furent de plus en plus lent. Jusqu’à l’immobilité. Il posa son compagnon sur un tas de branche, en bordure de forêt, puis s’endormit, exténué, à ses côtés.


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Posté le Dim 17 Avr - 15:55.
Il faisait froid, humide, tout bougeait. Ce n’était pas agréable. Elle n’était pas bien. La douleur allait, venait. Elle emplissait son être, ne faisait plus qu’un avec elle. Le sang, celui qui coulait dans ses veines, qui lui rappelait sans cesse à quel point il était difficile de vivre. Son goût âcre et ferreux qui restait dans sa gorge, le goût de son propre sang et de ses victimes.
Combien en avait-elle tué depuis sa « naissance » ?

Elle ne le savait pas. Plus qu’un c’était sûr, et c’était beaucoup trop déjà. Le meurtre était-il si mal que ça ? Et si cela débarrassait plutôt ces terres de personnes mauvaises qui auraient fait encore plus de mal. Mais qui était-elle pour se permettre de le juger ?
Qui était-elle tout court ?

Sa tête bougeait, son corps était secouait en fait. Elle avait l’impression de voguer sur un bateau en pleines tempêtes, elle ne se sentait pas bien, non ça n’allait pas. Sans force, épuisée, elle sombrait dans des abysses inimaginables. Tantôt elle se noyait dans le sang, tantôt elle observait sa peau fondre sous ses yeux, l’horreur était ancrée dans son regard. Elle voulait fuir, mais elle se voyait, prendre plaisir à tuer, les sensations lui revenaient. Son sosie lui parlait, à l’apparence folle il lui disait de recommencer. Elle hurlait, se prenait la tête entre les mains, clignait des yeux. Puis elle était à nouveau cet être fou qui cherchait la vermine à évincer, le sang à faire couler.

Le corps d’Éleïssen percuta le sol et la yokaï se réveilla en sursaut. En sueur elle se redressa et vacilla. Elle observa tout autour d’elle, analysa qu’elle était à l’orée d’une forêt et avisa le tas informe qui gisait à ses pieds. Utopie, oui c’était le nom de cet amas de chair épuisé qui reposait là. Elle ne reconnaissait pas les lieux et comprit qu’il avait dû la porter loin de ce cirque abject. Un haut le cœur la prit quand des images lui revinrent, et décida de penser à autre chose. Ou du moins essayer. Loin d’être affamée elle sentait son corps faible et devinait que le démon aura également besoin de se sustenter. Affaiblie, ralentie par ses membres endoloris et lourds elle traina le démon dans un coin non loin qui sera très bien pour faire un petit campement. Le jour se levait à peine, il pleuvait toujours et il faisait frais. Bien emmitouflée dans sa cape chaude Éleïssen s’abreuva dans une flaque d’eau tout juste formée et se rinça le visage. Vivifiée elle chercha du bois à peu près sec en fouillant dans des coins à l’abri de la pluie et ramena de quoi tout juste faire un ridicule feu de camp.

La yokaï mis du temps à faire du feu d’ailleurs, l’humidité ne l’aidait pas, mais elle parvint au bout de longs efforts à créer quelques flammes fumantes.

Laissant utopie se reposer près du feu elle partit en quête de nourriture. Pister, Traquer, chercher et tuer. Un frisson l’ampli à l’idée de suivre à nouveau son instinct dans la forêt, et comme un lointain souvenir elle se mouvait avec l’incroyable aisance que conférait l’habitude en ces terres calmes.
Au fur et à mesure qu’elle se concentrait, elle se sentait revivre, ses muscles se détendaient, les souvenirs s’éloignaient, le calme revenait en elle. Lorsqu’un fumet attira son odorat développé tout disparu pour n’être plus que traque.

Ce n’est qu’au bout d’une bonne heure de chasse qu’Éleïssen revint avec un lapin au cou brisé. Le petit corps encore chaud rappelait à la yokaï comment il était simple de tuer. Mais cette fois-ci c’était pour survivre, pour se nourrir, c’était autorisé n’est-ce pas ? Pourtant certaines fois elle avait aussi dû tuer pour survivre, mais cette fois-ci pour fuir l’horreur humaine. Et l’homme du cirque ?
Elle secoua la tête et s’assis près du corps encore endormie du démon. Elle n’avait pas vraiment envie de penser à ce qu’elle allait lui dire à son réveil, elle ne le savait pas. Comment réagir ? Elle préférait garder le silence.
Alimentant le feu et préparant un repas sommaire mais suffisant fait à base de lapin, d’oignon sauvage et de quelques baies, la jeune fille observait la pluie tomber, pensive et perdue. Sans but, nulle part où aller, réduite à vivre loin de tout… Pourquoi s’accrocher à la vie ?



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